Image6.jpgDimanche 12 mai 1940 : Aujourd'hui c'est la Pentecôte, cette fête qui est d'habitude synonyme de gaiété, de bonheur est, cette année, bien triste pour nous, Ardennais . C'est le debut de l'exode. Certains, dont mes parents, seraient bien tentés de rester là, envers et contre tout, Mais, comment exposer sciemment les familles a un tel risque ? C'est décidé, nous partons .. Mon vélo croûle sous le poids des bagages … je n'aurais même pas la possibilité de mettre un pied sur les pédales, la selle disparaît sous les sacs, seul le guidon est libre … Ma mère a ouvert la porte du poulailler et les poules se sont égaillées vers le P'tit Tienn' qu'elles connaissaient bien. Les lapins sont sortis de leurs cages et trottent allègrement dans le jardín … Mon père ferme la porte les larmes aux yeux, donne un tour de clé, puis revient sur ses pas et rouvre la porte, laissant la clé sur la serrure … S'ils viennent piller la maison, qu'ils ne soient pas obligés en plus de forcer la porte ou briser une fenêtre … Vireux est plein de monde... les Viroquois se préparent à partir et beaucoup de belges qui marchent déjè depuis la veille et sont porteurs de nouvelles alarmistes. Selon eux, les allemands seraient déjà bien plus près que nous le pensons … la route nationale est noire de monde... si la Lufwaffe intervenait aujourd'hui, ce serait une vraie massacre. Elle interviendra, mais un peu plus tard, en fin de journée et la massacre aura bien lieu, mais loin de Vireux.
A Suivre….
(revoir articles sur le même thème publiés par André Majewski sur VRG au mois de mai 2014)