Dés lors, la rupture est consommée entre le souverain et le peuple belge, en dépit du référendum du 12 mars 1950 donnant 57% aux partisans du retour du roi (arrêté et déporté par les allemands lors de la retraite - à l'instar du maréchal Pétain en France -, la régence était échue à son frère Charles, résistant incontestable), majoritaires chez les catholiques et les Flamands, très nettement minoritaires en Wallonie. Après la mort de quatre personnes, le 30 juillet 1950 lors d’une manifestation réprimée par les forces de l’ordre à Grâce-Berleur, banlieue de Liège, Léopold III abdique au profit du prince héritier.

Serge de Witte de Haelen, actuel propriétaire du château de Hierges, rappelait dernièrement les entrevues que Jacques Pirenne (il y a peu encore, les vieux Hiergeois se souvenaient qu'il s'asseyait au premier rang de l'église sur un banc à son nom), dans ce contexte durable de crise institutionnelle, avait organisées, en ce lieu à cheval sur la frontière, entre Léopold, alors exilé à Pregny en Suisse, et son fils Baudouin.

La coupure de presse consacrée à un interview de Jacques Pirenne que nous présentons ici ne laisse apparaître ni la date de parution, ni même le nom du périodique. Cependant, grâce aux sujets d’actualité traités au verso, il est possible de dater la publication du mois de février 1957. L’attribuer à un quotidien plutôt qu’à un autre relève de la gageure. En comparant l’article avec d’autres coupures tout aussi amputées dont la mise en page et la typographie sont très proches, et compte tenu de la sensibilité perceptible dans le préambule, on peut émettre l’hypothèse qu’il s’agit de la Libre Belgique.

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