Ces ambiguïtés en rappellent d’autres.tour_et_mur_d_enceinte_chateau_de_Hierges.jpg Aux premiers temps de la révolution, l’Etat jacobin s’octroie une mission de protection des biens confisqués de l’Eglise et des nobles émigrés et crée en 1790 la Commission des Monuments, mais laisse se faire ou initie parfois la destruction physique des traces de la monarchie et de l’Ancien régime, destruction que dénonce l’abbé Grégoire en inventant en 1794 le terme de vandalisme dont l’Etat et les collectivités locales seront souvent les acteurs, y compris pour les quarante années succédant à la période s’achevant en 1958 étudiée par Louis Réau dans son maître-livre « Histoire du vandalisme » (ed Robert Laffont).

Depuis les années 1980, avec le ponce pilatisme qui lui est consubstantiel, l’Etat se dit garant du patrimoine français tout en subordonnant sa conservation à d’autres priorités (dans les années 1960, les secteurs sauvegardés sont passés de la tutelle de la Direction des Antiquités à celle du ministère de l’équipement, plus axé sur la croissance des cités que sur la protection des monuments) et en augmentant ses missions (patrimoine industriel, cinématographique…) tout en maintenant la stagnation de ses moyens financiers. Position illustrée par la création en 1984, par Jack Lang, de la Journée Portes ouvertes dans les Monuments historiques, succès populaire immédiat sans incidence significative sur les restaurations, qui présente l’avantage d’être pratiquement indolore pour les finances de l’Etat. Quant aux collectivités locales, leur investissement en la matière reste souvent minime, le développement économique de la cité ou du territoire requérant tous les moyens, quand il n’est pas préjudiciable à la mise en valeur même du patrimoine avec l’implantation de zones industrielles et commerciales.

Dans les faits, les pouvoirs publics se disent (ce en quoi ils se trompent, les vestiges de l’ancienne abbaye de Félix Pré à Fromelennes ont été démolis, les pierres vendues à ce qu’il semble) que si les monuments sont encore là, fût-ce à l’état de ruine, ils ne vont pas disparaître demain. Il est vrai que le risque de voir se dresser devant eux des gilets du patrimoine casseurs est inexistant.


Visite du château de Hierges à 14h30 du mercredi au dimanche. Visite supplémentaire à 15h30 le week-end. Départ du groupe devant l'église. Réservation obligatoire par téléphone au +33(0)324429243 où par mailcommercial@valdardennetourisme.com