Le nouveau monde n’est pas moins corruptible par les puissances de l’argent que l’ancien mais il se différencie de lui en ce qu’il il n’a tout simplement pas conscience que l’argent corrompt. Parce que pour Macron (plus Mercure, dieu des Gains et des Profits, que Jupiter) et les jeunes gens qui l’entourent, il n’existe rien en dehors de la création de richesse par des gens qui sont dedans (in), y compris son (hypothétique et utopique) ruissellement vers des gens qui ne sont rien (out). La lutte des classes est terminée. Warren Buffet avait annoncé : « Il y a une lutte des classes, évidemment, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous sommes en train de la gagner ».

Dans le nouveau monde, pas de véritable place pour l’écologie et Nicolas Hulot, qui doit regretter de ne pas avoir démissionné après l’annonce par LREM qu’il n’était pas nécessaire d’interdire par la loi le glyphosate puisque le président s’était engagé sur la question.
Nous ne reviendrons pas sur sa dangerosité, largement abordée dans le billet du 17 mars 2018 In vino macroni veritas, et rappellerons seulement que rien ne justifie du point de vue des rendements que l’on continue de déverser autant de pesticides sur les terres puisque des pratiques privilégiant la diversification et la rotation des cultures, le désherbage mécanique, permettent d’obtenir des rendements très satisfaisants, ce qui n’a pas encore frappé au coin du bon sens paysan des agriculteurs, intoxiqués aux subventions et allergiques à l’idée d’embaucher, sillonnant la campagne jour après jour avec leurs pulvérisateurs.Dewayne_Johnson.jpg
L’avancée contre les pesticides nous la devons à Dewayne Johnson, jardinier de 46 ans atteint d’un cancer incurable, dont la plainte devant un tribunal de San Francisco a abouti à la condamnation de Monsanto (qui a interjeté appel) à lui verser 289 millions de dollars pour avoir négligé d’informer de la dangerosité de son herbicide, reconnu cancérigène probable par l’OMS. Immédiatement, Bayer, nouveau propriétaire de Monsanto, a vu son action en bourse chuter de 14 %. Il se pourrait que le nouveau monde aux vieilles ficelles soit plus réceptif à ce langage qu’aux recommandations des agences de santé et aux arguments écologiques de Monsieur Hulot.

Aux partisans de la décroissance, les lobbys industriels et les hommes politiques libéraux opposent toujours plus d’activité. Pour eux, pas question d’interdire ou de limiter le plastique responsable, en particulier, d’une forme de pollution des mers que nous retrouvons dans nos assiettes puisque des micro-particules sont ingérées par les poissons et crustacés. Dans cette optique au contraire, la pollution devrait permettre à des starts up de créer de la richesse à travers des activités de dépollution consistant à récupérer et à traiter une (infime) partie du plastique avant de le réintégrer dans le circuit économique sous une nouvelle forme.
Interrogé, il y a 30 ans, sur les conséquences néfastes de l’activité humaine sur l’environnement, Raymond Barre avait répondu : « Je fais confiance au génie de l’homme pour trouver le moment venu les solutions à ce problème ».
C’est sans doute cela qui mène à la catastrophe, l’excès de confiance en l’homme, non pas en ses capacités mais en son sens de la vie et des responsabilités premières.

Il n’y a pas que la biodiversité qui soit menacée dans nos campagnes. J’en veux pour exemple la fermeture au mois d’août du bureau de poste de Vireux-Mohlain. Et, comble de malchance, des pizzerias des deux Vireux pour cause légitime de congés annuels ou hebdomadaires concomitants alors que leur excellence en matière de pizzas artisanales est unanimement reconnue.
Vivement la rentrée, sauf celle des chasseurs, bien entendu.