Longtemps réservés sur le principe du rapprochement, les habitants des communes concernées l’envisagent désormais plus favorablement. L’exigence d’une gestion pragmatique, l'envie d'un nouvel élan, la lassitude devant certains blocages ou archaïsmes, le besoin d’exister davantage à l’intérieur de l’intercommunalité, expliquent sans doute l’évolution des mentalités. N’allons pas croire, notamment en raison de sa superficie et de son nombre d’habitants plus élevés, du précédent constitué par la réussite de son pôle scolaire accueillant, outre les siens, les écoliers de Foisches, Ham-sur-Meuse et Hierges, que toute impulsion viendrait automatiquement d’Aubrives. Ses deux voisins ne sont pas sans atouts : présence d’entreprises, caractère rural préservé et espace paysager protégé, patrimoine pour lequel s’investissent les bonnes volontés (Ferme des Templiers et église à Foisches, château et église de Hierges, etc), science de la survie des élus en milieu hostile, doivent leur permettre d’apporter leur pierre à l’édifice commun. ferme_des_templiers_Foisches.jpg
Dans l’hypothèse de la construction d’une maison de santé pluridisciplinaire, les communes ainsi associées devraient porter ensemble la maîtrise d’ouvrage du projet et solliciter des aides publiques. L’emplacement retenu pourrait se situer à Foisches, qui dispose en son centre d’espaces libres et conséquents, et qui ne subit pas les mêmes contraintes en matière d’urbanisme que Hierges, en dépit de la présence de sa ferme fortifiée datant du début XVIIème.

D’aucuns suggèrent, mi-figue, mi-raisin, qu’Aubrives, sauf présence rédhibitoire de plomb et d’amiante dans l’ouvrage, pourrait céder à Hierges le pont-levis implanté sur son domaine fluvial, promis à la destruction par VNF. Il viendrait remplacer le pont de pierre à deux arches sur la Jonquière, endommagé par le passage de véhicules lourds, par les infiltrations et le gel. En cas de crue, il présenterait, selon eux, l’avantage de ne pas réduire le passage pour le ruisseau devenu torrent, contribuant ainsi à abaisser le niveau atteint par l’eau, sur la place du village en particulier. Autre avantage avancé : la possibilité de le lever pour empêcher une tentative désespérée de renversement du conseil municipal par quelque épigone du général Alcazar. Avec le nouveau plan de circulation et un recours possible au tocsin, le pont-levis pourrait sauvegarder l'institution, jusque la fusion définitive…

pont-levis_Aubrives.jpgRetour des cloches à Hierges, mais aussi à Aubrives et Foisches, puisque pour répondre à un souhait partagé des habitants, une des premières réalisations en commun pourrait consister à les électrifier afin de recouvrer tintements et volées, véritable patrimoine sonore en sommeil. Avec peut-être une spécialisation pour chacun : glas et cérémonies funèbres à Hierges, volées de mariage et de baptême à Aubrives, tocsin en l’église Saint-Martin de Foisches pour inviter les « touristes culturels» à venir s’abriter dans la Ferme des Templiers, tintement des heures (temps civil) pour tout le monde. Angélus, à condition qu’il fasse l’unanimité, faute de quoi les élus pourraient se faire sonner les cloches.

Mais puisque l’unification en une seule commune de plusieurs communes et les bases sur lesquelles elle reposerait ne sont pas inscrites dans le grand rouleau où tout est écrit, un référendum, là aussi, pourrait éclairer utilement les élus locaux.

Images:
- Pôle scolaire d'Aubrives.
- Ferme des Templiers à Foisches.
- Pont-levis d'Aubrives.