- parce que le fait d’être en désaccord ne m’autorise pas à penser que je détiens forcément la vérité.
- quand l’assurance dogmatique avec laquelle certaines opinions sont assénées me convainc que la discussion sera impossible.

Cette seconde raison est précisément celle pour laquelle je ne poste pas de commentaires à la suite des anathèmes de Monsieur Nicolas à l’encontre des uns et des autres.

Cependant, avec sa dernière intervention, il réagit à mon article sur la vente d’êtres humains comme esclaves en Libye et en particulier sur une citation du poete syrien Adonis sur « l’empreinte religieuse sur la mentalité de l’homme arabe », en omettant sciemment ce qui est écrit en toute lettre, savoir que le champ d’étude d’Adonis et de la psychanalyste franco-marocaine Houria Habdelouahed (peu suspects l'un et l'autre de racisme anti arabe), est circonscrit « aux sociétés arabes ». On ne voit pas dans ces conditions ce qui peut autoriser un quelconque rapprochement avec la misérable et réelle stigmatisation à connotation raciste d'enfants musulmans faite par un Jean-François Copé fantasmant sur une vague de racisme anti blanc dans l'hexagone. Cette falsification par amalgame n’abusera personne.

J’invite les lecteurs du blog à lire ou relire l’article plus complet du 23 novembre 2015 comportant cette même citation, consacré au livre d’entretiens d’Adonis avec Houria Abdelouahed, dont j’ai la faiblesse de penser qu’ils sont plus à même d’offrir une lecture pertinente des sociétés arabes que Monsieur Nicolas. J’invite également à lire l’écrivain Algérien Boualem Sansal, que j’évoquais dans un précédent article, auteur du Serment des Barbares, affirmant que « l’islam ne peut pas, lui seul, être hors du champ de la critique ». Écouter la parole de ces grands témoins est, je crois, le meilleur service que l’on puisse s’efforcer de rendre aux musulmans, aux intellectuels arabes, aux femmes, luttant pour la liberté d’expression et l’émancipation de chacun.

Pour le reste, comme disait Talleyrand, « tout ce qui est excessif est insignifiant».