Avec ces aménagements, la municipalité dit vouloir proposer et non contraindre. Ainsi, les personnes ayant des difficultés à se mouvoir ou rétives à tout effort, par principe, atavisme ou acculturation, pourront continuer à se garer à proximité immédiate des restaurants, aux emplacements délimités par des clous sur la voie publique, ou sur les parkings existants, au pied du château notamment. Pour d’autres personnes, déjà adeptes de la marche ou récemment sensibilisées à ses bienfaits, des aires de stationnement, crées à des distances plus ou moins grandes de la place du village, devraient offrir la possibilité d’une marche digestive adaptée à l’appétit, à la forme physique, à l’âge, etc.

Sait-on jamais, il se pourrait qu’en raison de progrès rapides, des habitués demandent bientôt à la municipalité d’étoffer son offre en créant des parkings plus éloignés des lieux de restauration, place de la Buchère par exemple, à la limite entre Hierges et Vireux-Mohlain. Et, si des gastronomes parmi les marcheurs les plus chevronnés, souhaitaient un jour accroître, après déjeuner, la durée de l'exercice bien au delà du quart d’heure/vingt minutes, le conseil municipal pourrait alors décider la création d’une aire de stationnement écologique dans le bois des Aizes (enclave Hiergeoise au sud entre Vireux-Wallerand et Hargnies), en prenant toutefois des dispositions pour que la marche rapide ne se transforme pas en course effrénée pour échapper aux balles des chasseurs. oblomov.jpg

Il n’est plus de nomade qu’en ville, que l’on re-traverse à pied ou en vélo, et de sédentaire non contraint qu’à la campagne, où l’on se déplace en 4X4 pour rendre visite à son voisin. Émules sans le savoir, quoique imparfaites, d’Oblomov* (il a poussé – exemple que l’on aimerait parfois voir suivre - la logique contestataire jusqu’à ne plus sortir de son canapé), des récalcitrants à la marche digestive prétendent, ici et là, s’ opposer à ce type d’initiative au nom de la défense des libertés individuelles. Le sacrifice d’un peu de bruit et de particules fines ne devraient pas, en tout état de cause, les alarmer. A moins que, comme Oblomov (Saint Patron des grands enfants et des baby-boomers), ils ne saisissent ce prétexte pour s’opposer, réclamer, et rouspéter si l’on obtempère pas à leurs désirs.

  • Oblomov, héros du roman d’Ivan Gontcharov (1812-1891), livre de poche biblio.
  • L'homme qui marche. Bronze d'Auguste Rodin, Musée Rodin.