Évidemment, 3 députés sur 314 de la majorité (350 avec le Modem), cela ne signifie pas que l’ensemble est défaillant , mais cela nous rappelle qu’à chaque recomposition, au grand dam des élus mêmes, l’ivraie se mélange au bon grain, et illustre combien se berce d’illusions – illusions contraires à la faculté d’espérer reposant sur le discernement – l’électeur persuadé que tout nouveau rime avec tout beau, à fortiori si l'objet de son choix est un vieux cheval sur le retour (j'ai changé, je suis un autre homme) grimé en perdreau de l'année.

Évacuons le cas – insignifiant car extrême - de Monsieur El Guerrab, poursuivi pour violences avec une arme et démissionnaire de La République en marche, type même de l’arriviste pratiquant le mélange des genres (parallèlement à son activité depuis 2012 au cabinet du ministre socialiste à la formation professionnelle et à l’apprentissage, il avait créé un cabinet de conseil en France et au Maroc), utilisant les ressorts du communautarisme pour s’imposer.

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Plus déstabilisant est celui de Madame Laeticia Avia, élève dépeinte méritante, devenue avocate, puis députée de la majorité, et qui, à peine installée, fait la une des journaux pour une morsure incongrue et une attitude empreinte de mépris envers des policiers municipaux. De quoi se nourrit chez quelques uns, parvenus à une situation qu'ils ont âprement recherchée, cette malheureuse inclination à la brutalité et au mépris ? Peut-être d’une soif de revanche nourrie par un sentiment disproportionné d’injustice sociale – injustice bien présente dans la société française – mais qui détermine irréversiblement le comportement d'êtres n’ayant pas eu forcément à en souffrir. Car, il existe une agressivité utilisée comme carburant de la réussite, fondée sur un tort de la société envers soi, en partie ou parfois même en totalité, fantasmé, mais offrant des opportunités de carrière, en politique ou dans la musique notamment. Ce phénomène s’auto-alimente à partir d’une culture protestataire et revendicatrice - née de la succession ininterrompue de crises depuis 40 ans et agrégeant français de souche lésés et jeunes issus de l’immigration au fort ressenti discriminé - devenue caricaturale à force de verser dans une victimisation destinée à satisfaire des instincts agressifs. À cela s’ajoute, depuis le début des années 1980, le discours néo libéral sur le primat de l’économie différenciant entre individus capables ou incapables de s’adapter à la concurrence née de la globalisation financière, discours imprégnant les esprits et justifiant la brutalisation de la société.

Le cas illustré par la députée de la majorité Pascale Fontenel-Personne, PDG d’une PME, organisant des visites de l’assemblée tarifées 119 euros, est plus cocasse, surtout quand on songe qu’En Marche a fait ses campagnes présidentielle et législative sur la promesse de faire évoluer les mœurs politiques en matière d’enrichissement personnel. Mais, quand on vient du monde de l’entreprise cher au président et que l’on a passé sa carrière professionnelle à courir après des retours sur investissements, difficile de ne pas considérer le mandat de député comme… un investissement comme un autre.
Dans le même ordre, le ralliement de Virginie Calmels à Laurent Wauquiez – dont les idées pourraient faire passer celles du Front national pour centristes en comparaison, mais qui présente l’avantage d’être présidentiable aux yeux d'une droite radicalisée et donc d’être en capacité, un jour peut-être, de nommer une chef de gouvernement - ne devrait pas améliorer l’image que les français ont à juste titre du Medef. La première adjointe d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux, ancienne dirigeante des groupes Canal + et Endemol, avait prétendument rejoint Alain Juppé pour les valeurs qu’il incarnait à droite : modération, humanisme, multiculturalisme…A Paris, elle va côtoyer Ciotti et Jacob… c’est pas Montaigne et La Boetie.