Attestation

Je soussigné Camus Paul, capitaine des Douanes à Charleville, certifie qu’au mois de juin ou juillet 1943, alors que j’exerçais ma fonction à Givet, j’ai été pressenti pour rechercher une filière d’évasion pour des aviateurs alliés tombés dans les lignes ennemies.
Cette filière a été trouvée à Vireux et c’est ainsi qu’en présence de M. Delocquer, qui l’avait hébergé, j’ai remis, aux environs des 3 Fontaines et sur le chemin de halage, un premier aviateur allié à Mme Dubois, née Barré Simone, et au lieutenant des douanes Ville, tous deux demeurant à Vireux-Wallerand.
Le lendemain, au même endroit, je leur ai remis un second aviateur qui avait été également recueilli par M. Delocquer. J’ai su que les aviateurs avaient été hébergés plusieurs jours par Mme Dubois au domicile de ses parents, avec lesquels elle demeurait à Vireux-Wallerand.
Le premier de ces aviateurs était le sergent John Cave NZ 242321 RAF Stn Mildenhall de Suffolk, tandis que le second était le sergent John Sparrow 1396137 RAF Station Mildenhall de Suffolk.
Sur foi de quoi, j’ai délivré la présente attestation à Madame Dubois, née Barré Simone.
Charleville, le 25 février 1953
P.Camus


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Je soussigné CAMUS Paul, commandant honoraire des Douanes demeurant 15 Rue Jules Hubert à Charleville-Mézières, anciennement lieutenant à Givet jusqu’au mois d’avril 1942, puis, Capitaine à Givet du 1er Juin 1943 au 25 Novembre 1945, et titulaire de la carte de combattant n° 26594 du 16 Juillet 1953 pour faits de Résistance, déclare et atteste sur l’honneur que M.LARDENOIS Eugène, qui était alors herbager route de Philippeville à Givet, a participé lui aussi à la Résistance.

Voici notamment, quelques unes de ses actions que je puis affirmer : Fin 1943, il a transporté à travers la pointe de Givet, dans un tombereau à cheval, escorté par le douanier CLERGET en uniforme mis à sa disposition par mes soins pour éviter tout contrôle, une mitrailleuse Hotchkiss avec un canon et un trépied de rechange, le tout caché et entretenu chez lui depuis 1940. Cette mitrailleuse n’avait pu être acceptée par le maquis Français du fait qu’il n’avait pas de munitions et c’est alors qu’un groupe belge de l’Armée Blanche à WINENNE (Belgique) s’en est montré amateur car il disposait de munitions.

Le 6 Septembre 1944 après-midi, il nous a conduits, M. DECLEF et moi, à GOCHENEE (Belgique) où il avait pris contact avec l’artillerie américaine que nous avons renseignée sur la situation de Givet, à demi libéré, et sur l’emplacement d’une batterie allemande en position au Mont d’Haurs qui restait dangereuse pour le Grand Givet (Rive Gauche de la Meuse) ; Le soir du même jour, à la demande de M. PARMENTIER d’Agimont (Belgique) nous lui avons remis un plan destiné aux américains et le lendemain dés l’aube un violent tir d’artillerie a obligé la batterie à décrocher ; Le 6 Septembre encore, dans la soirée, M. Lardenois est retourné auprès des Américains à Gochenée pour leur signaler l’existence d’une mine à la porte de Rancennes et d’un canon anti-char installé dans la cote de Rancennes ; à l’appui de ses dires il leur a remis un plan de la ville de Givet au 1/5000 annoté par M. Declef et moi-même.

J’atteste en outre qu’étant coupé du maquis qui se tenait sur la rive droite de la Meuse, M. Lardenois s’est installé seul, rive gauche, non loin de sa demeure, sur la pointe avancée du fort de Charlemont et a ouvert un feu nourri durant plusieurs heures sur la colonne allemande circulant sous le fort par la nationale N°51.

Il a participé également au ravitaillement du maquis et de la population en leur fournissant de la viande, opération faite avec mon accord car il importait que la douane annote les écritures du « compte ouvert des animaux » et inscrive sur ses registres que chaque bête ainsi abattue était morte et avait été enfouie.

D’autre part, il était presque de notoriété publique que M. Lardenois a commencé très tôt à acheminer des prisonniers français évadés qu’il a d’abord conduits tantôt chez M. BONAERT, tantôt au Café de l’Europe, puis plus tard, après l’arrestation de ces derniers, il les remettait, devant l’église de Hierges, à une filière qui les emmenait plus loin.

Enfin il a également recueilli à plusieurs reprises des aviateurs alliés qu’il dirigeait vers l’intérieur, le plus souvent par l’intermédiaire de M. Marceau DEVIE. Il a notamment caché chez lui en avril 1942, et durant six jours, deux aviateurs polonais blessés qui ont été soignés à son domicile par le Docteur BERTRAND de Givet.

Charleville-Mézières le 10 Juin 1976
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