carte_des_demandes_d_asile.pngAvant le revirement d'Angela Merkel en faveur des réfugiés, les pays traditionnellement accueillants comme l'Allemagne, l'Autriche ou la Suède, avaient révisé leur position en entérinant les accords de Dublin ( et notamment son volet dit Dublin II ), astreignant les réfugiés à demander l'asile là où ils ont posé le pied pour la première fois dans l'Union Européenne, raison pour laquelle la Grèce et l'Italie sont aujourd'hui dépassées alors que les demandeurs d'asile ne veulent pas y rester, soit que le marché du travail y est en crise, soit qu'ils cherchent à rejoindre une famille déjà en Angleterre, Allemagne, Autriche ou Europe du Nord. Devant l'afflux et afin de soulager la Grèce et l'Italie, la chancelière a donc proposé une répartition par quotas à laquelle s'opposent les pays d'Europe de L'Est - Hongrie, Pologne, Slovénie - et sont réticents ses partenaires du Nord, exprimant en cela le manque de solidarité entre pays européens, et en particulier du Nord envers le Sud. A titre de comparaison, en 2014, l'Allemagne a accueilli 202 645 demandeurs d'asile pour un taux de demandes rejetées de 58 %, alors que la France a enregistré 64 310 demandes d'asile dont 78 % ont été rejetées, et que l'Italie enregistrait 64 625 demandes dont 42 % ont été rejetées. L'invasion dont on nous rebat les oreilles n'existe en réalité que dans l'esprit des Zemmour, Menard et Consorts.

Catherine Withol de Wenden, sous la direction de qui a été publié l'Atlas des Migrations ( Autrement, rééd, 2016 ), estime que : " la fermeture des frontières européennes est responsable en quinze ans de la mort de 30 000 personnes en méditerranée, dont 3000 rien que pour l'année 2015, et déjà 3000 pour la seule moitié de l'année 2016 ".