Mais la " visitation " n'est pas du tout terminée avec cela. Cette Gestapo des moeurs fourre son nez partout. Elle s'assure que les robes des femmes ne sont ni trop longues ni trop courtes, qu'elles n'ont pas de ruches superflues ou des jours exagérés, compte les bagues que l'on a aux doigts et les chaussures qui sont dans l'armoire. Et le pieux policier poursuit son inspection dans toutes les pièces. Il regarde dans la bibliothèque pour savoir si elle ne contient pas de livre portant le sceau de la censure, fouille dans les tiroirs pour voir si par hasard on n'y a pas caché une image sainte ou un chapelet. Il interroge les domestiques pour leur demander des renseignements sur leurs maîtres, les enfants pour qu'ils en donnent sur leurs parents. En même temps, il prête l'oreille du côté de la rue pour s'assurer que personne n'y chante un chant profane, ne joue d'un instrument quelconque ou ne s'abandonne au vice diabolique de la gaieté. Car désormais, à Genève, on traque sans merci toute << paillardise >>, toute forme de plaisir (...). >>