Poursuivant, il recommande que « toute personne étrangère ou binationale ayant des liens avec des activités ou des réseaux terroristes soit expulsée sans délai ». Il demande également « l’assignation à résidence de toute personne suspectée de connexions directes ou indirectes avec des activités terroristes et le recours à un bracelet électronique pour suivre cet individu en permanence ».centde.PNG « Suspectée » « Connexions indirectes »… Dans un état de droit, peut-on priver de liberté une personne suspectée de montrer de l’intérêt ou d’avoir des sympathies ( connexions indirectes ) pour le terrorisme, en l’occurrence islamiste ? La réponse est non, fusse dans le cadre de l’état d’urgence.

Tout n’est pas faux dans le constat dressé, les prisons sont bien le lieu, avec Internet, de la radicalisation d’un grand nombre d’individus, celle intervenant par le biais de la fréquentation de certaines mosquées étant marginale. Mais les préconisations de N.Sarkozy sont soit insuffisamment étayées, soit attentatoires à l’état de droit, soit de nature à obtenir l’effet inverse à celui recherché.

Pour de nombreux observateurs européens, les politiques punitives ( confiscation du passeport, révocation de la nationalité…) sont un empêchement à la déradicalisation et à la réintégration d’apprentis djihadistes de retour de Syrie, jeunes et parfois même très jeunes. Il est très difficile pour les familles des victimes d’attentats d’entendre cela, mais bon nombre de ceux qui veulent rejoindre Daesh ne sont pas des tueurs déterminés du type Abaaoud, Laachraoui ou Merah. Certains qui parviennent à revenir ( Daesh exécute ceux qui veulent s’enfuir ) sont atteints de traumatismes physiques ou émotionnels nécessitant une prise en charge psychosociale dont, dans leur intérêt, les sociétés occidentales ne pourront faire l’économie.cdr77.PNG

Certaines expériences de déradicalisation ont été menées à l’étranger depuis 2001, avec une efficacité toute relative. L’Indonésie, Singapour, le Yemen, l’Arabie Saoudite ( effrayée par le monstre qu’elle a contribué à créer ) ont mis en œuvre des programmes consistant à réfuter les convictions « religieuses » et idéologiques mises en avant pour légitimer la violence. La difficulté à laquelle se heurte la méthode tient à ce que les raisons pour lesquelles de jeunes individus rejoignent Daesh ou Al-qaida n’ont que peu à voir avec l’idéologie, qui agit comme un simple appât. L’idéologie permet de comprendre comment ils sont recrutés, pas pourquoi, c’est à dire la quête de sens et d’identité, le besoin d’appartenance, voire la pulsion de vengeance pour des torts réels ou ressentis comme tels. Un programme de déradicalisation efficace devra comporter des aspects prenant en compte ce pourquoi. En amont, il convient d’empêcher la radicalisation en enseignant le fait religieux à l’école et en offrant de véritables perspectives d’intégration professionnelle aux élèves et étudiants.cdr100.PNG Cela n’empêchera pas toute radicalisation comme le démontre les études faisant état d’une origine répartie sur plus de 70 états des volontaires djihadistes - ce qui met à mal la thèse selon laquelle le terrorisme islamiste serait une forme de revanche des opprimés, conséquence de l’histoire coloniale d’un pays. En outre, les statistiques indiquent que les pays dont sont originaires le plus de djihadistes par rapport au nombre d’habitants sont, la Tunisie, l’Arabie Saoudite, le Kosovo, Bahreïn…très loin derrière figurent la France, La Belgique, le Danemark. Ce qui n’est pas s’en rappeler que les victimes les plus nombreuses du terrorisme islamiste sont les musulmans eux mêmes. cd5.PNG En dehors de toute considération sociologique ou historique, on observe qu’un des terreaux du recrutement des jeunes apprentis djihadistes - qui ont un bon niveau* d’éducation et d’instruction au regard de la moyenne des pays dont ils sont originaires - n’est autre que la vacuité spirituelle dont est responsable non pas la sécularisation nécessaire du monde, qui finira heureusement par s’imposer en Islam, mais le développement consumériste planétaire.

  • ce qui ne semble pas être le cas de Salah Abdeslam dont l’un des avocats à dit – réalité ou stratégie - qu’il avait l’intelligence d’un cendrier vide.