daumier_la_faimppm.jpgDans le cas du projet de loi sur le travail, la menace de recourir au 49-3, dont les dispositions ont permis en d’autres circonstances de faire adopter des textes consacrant des avancées sociales ( Fonds de solidarité vieillesse. Gouvernement Bérégovoy. 1993 ), est bien de nature à bloquer la situation puisque consistant à vouloir passer en force, au risque de voir des opposants à la méthode rejoindre les opposants sur le fond, alors que le travail de concertation préalable avec les partenaires sociaux a été négligé, selon une tradition de gouvernance bien établie. Faut-il le rappeler, le recours au 49-3 peut apparaître légitime lorsque le gouvernement ne dispose que d’une majorité relative ( gouvernements Rocard, Bérégovoy ), mais pas lorsqu’il dispose d’une majorité absolue, ce qui est théoriquement le cas du gouvernement Valls. Capture2.PNG La faute d’Emmanuel Macron est d’établir une hiérarchie entre français et d’accorder sa préférence à certains d’entre eux selon l’image qu’il veut donner de la société qu’il promeut et…de lui-même. Ainsi, il vient « de voir des jeunes ( il est lui-même un « jeune » ministre ), qui ont envie de travailler ( dans le numérique, technologie moderne, comme ce qu’il prétend incarner à gauche ), et qui ne sont pas en train de dire çà ( que tous les chômeurs veulent travailler ), puisque pour le ministre si l’action du gouvernement contre le chômage ne réussit pas comme elle le devrait, la responsabilité ( indépendamment de celle portée par Hollande, réformateur trop timoré ) ne peut en incomber qu’aux chômeurs ( trop vieux, trop rétifs à se former, trop protégés ), et aux syndicats qui combattent la flexibilité, flexibilité à propos de laquelle l’économiste Philippe Askénazy a dit que « les difficultés ne viennent pas d’un marché du travail trop peu flexible, mais d’une puissance trop grande de la propriété », ce qu’un ancien Capture5.PNGbanquier d’affaires chez Rothschild comme Emmanuel Macron sait mieux que personne. Le reste du dialogue entre E. Macron et ses contradicteurs de Lunel révèle le subconscient de ces hiérarques socialistes effrayés par ce monde qui n’est pas le leur. Ainsi quand le ministre dit « vous n’allez pas me faire peur avec votre tee-shirt », il faut évidemment comprendre qu’il a peur. Le tee-shirt renvoie à la casquette des ouvriers des années 30, devenue accessoire symbolique moqué et honni pour les classes supérieures. Entre le salopard à tee-shirt de Macron et les sans-dents de Hollande, il n’existe pas de différence quant au sentiment de danger que leur inspire, sorti des beaux quartiers, le français, mais seulement une représentation mentale propre à chacun de la figure de la répulsion, davantage fondée sur une certitude de classe pour Macron, plus liée à l’angoisse pour Hollande. Par comparaison, celui-ci en deviendrait presque sympathique.
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