La culture pour Madame Aubry est la répétition à l’infini du galvaudage de l’Histoire initié par Messieurs J.Lang et J.P.Goude lors de la commémoration du bicentenaire de la révolution française ; le grand œuvre de la Mitterrandie ayant consisté au final à vider tout de tout sens. Son dernier spectacle en date, intitulé « Renaissance », dont la seule communication aura coûté 1,5 million d’euros, propose aux Lillois et aux visiteurs une alternative aux Géants de la tradition, jugés ringards par les artistes et communicants bobos bénéficiant des rentes versées par la mairie. gl4.jpg Ainsi, doit-on se promener rue Faidherbe au milieu de statues d’Incas, d’Aztèques et de Mayas et attendre son train sous les regards d’angelots grisâtres ( clin d’œil lourdingue aux anges de Michel Ange sur le plafond de la chapelle Sixtine ) , suspendus au poutrelles d’acier de la halle de la gare. La priorité pour Monsieur Wallendorf est tout autre - puisqu’il se limite en affaire de peinture à promouvoir l’installation d’une activité de paintball sur le site de Charlemont - et consiste à multiplier les zones commerciales qui achèvent le processus de disparition des commerces en centre ville. Intoxiqué à la grande distribution, Monsieur Wallendorf, comme bien des élus, cède au chantage à l’emploi exercé par ce secteur afin d’obtenir les autorisations de s’implanter ou de s’agrandir ( selon une étude de la répression des fraudes, 9% des surfaces de la grande distribution sont illégales sans que des amendes soient dressées ) gl2.jpg

, alors que les études prouvent que quand la grande distribution crée un emploi, elle en détruit cinq à proximité. En se fournissant auprès d’entreprises délocalisées, elle tue avec ses bas prix le petit commerce, mais aussi les emplois et les entreprises locales, principalement dans les mondes agricole et industriel. En France, 100 000 petits commerces ont ainsi mis la clé sous la porte en dix ans.

Au surplus, avec la verroterie des grandes surfaces et le kitsh de spectacles vides, Madame Aubry et Monsieur Wallendorf cherchent, l’un et l’autre, à anesthésier tout sens critique chez leurs administrés. Car le positionnement à gauche de Madame Aubry au sein du PS n’est qu’une posture lui permettant d’exister contre les Hollande, Valls, Macron…en endossant le costume de la statue du commandeur des frondeurs, comme n’a jamais été qu’une posture l’étiquette UMP de Monsieur Wallendorf. Les diatribes de Madame Aubry contre l’exécutif et les ressassements de Monsieur Wallendorf contre l’Etat trouvent là leur raison d’être.g5.jpg Jouer, pour conserver leur fief comme le font Madame Aubry, Monsieur Wallendorf, et bien d’autres, le local - que l’on méprise dans les faits puisque on lui préfère les emblèmes de la mondialisation et de la dilution de l’identité que sont les grandes surfaces et le spectacle télévisuel – contre l’Etat, relève du populisme car opposant le nous du terroir ( Chtis, Ardennais, Alsaciens, Corses, Basques, Bretons… ) à un nous plus large ( nous les citoyens français, européens…) alors que seul l’Etat, ainsi que le rappelait dernièrement Roger-Pol Droit : « repose sur une constitution, des principes, un corps de lois qui englobent régions, coutumes, paysages divers. Faire du terroir le fondement de l’Etat, c’est le point de départ du fascisme ». La remarque de Roger-Pol Droit trouve toute sa justification dés lors que l’on rappelle que les fascistes en Italie ont d’abord pris le pouvoir dans les régions avant de gagner le centre. En France aujourd’hui, les élus qui usent de ce stratagème font que l’alternance n’est plus une alternative et que cette situation profite au Front national. De cela ne sont pas responsables ceux qui le constatent mais ceux qui depuis 30 ans se bornent à ne faire que de la politique politicienne.

Pierre Mauroy n’était pas opposé à l’emprunt et à l’endettement, mais il pensait emplois, entreprises, investissements, transports…Il a été l’artisan de la modernisation de Lille et de la reconversion du Nord. Madame Aubry pense exclusivement culture bobo et contrats d’avenir, comme Monsieur Wallendorf pense strictement grandes surfaces et tourisme à pied, à cheval, en tyrolienne et maintenant en bateau. Manquent juste les entreprises et les touristes.