4- Limiter le fragmentation par les infrastructures et assurer leur perméabilité.

5- Développer un aménagement durable du territoire pour freiner l’artificialisation des sols et assurer la perméabilité des espaces urbains.

6- Prendre en compte les continuités interrégionales et nationales.

7- Assurer l’articulation du SRCE avec les démarches locales ainsi que sa déclinaison et son amélioration.
Le projet fait valoir la nécessité de préserver où de restaurer des corridors pour assurer la préservation de la diversité biologique, de créer des réserves biologiques forestières, des bandes enherbées ( à proximité des cours d’eau ), de classer des cours d’eau, etc..moisson_ble__beauce-5073c.jpgRien que de bon sens. Nul besoin d’être militant écologiste pour être conscient de la dégradation de l’environnement due aux pollutions inhérentes à une pratique agricole intensive et à son impact sanitaire. Nonobstant le langage administratif un peu abscons employé pour la présentation du projet de schéma, il semble, à le lire, que les dangers avérés par l’agriculture dominante soient pris en compte et que quelques timides propositions visent à en contrarier un peu les effets. A tout le moins, il méritait que l’on daigne s’y arrêter, quitte à froisser le petit nombre d’exploitants qui ont su, en s’appuyant sur les chambres d’agriculture, s’emparer des petites exploitations, fragilisées par un mode d’octroi de subventions calculé à l’hectare ( aujourd’hui de 360 euros/hectare ) favorisant « l’entre-mangerie » et renforçant la non-diversification de la production agricole. Désormais, une exploitation de 300 hectares sur laquelle travaillent effectivement deux personnes devient la norme - le plafond d’hectares autorisé par associé ayant été supprimé il y a quelques années – avec les conséquences suivantes :- l’agriculture est de moins en moins pourvoyeuse d’emplois. - Il est pratiquement impossible à des jeunes non issus du sérail de s’installer, la course au foncier résultant de la chasse aux subventions raréfiant les opportunités et favorisant les gros exploitants qui sont déjà propriétaires et locataires de terres sur lesquelles ils ont un droit de préemption et peuvent, de ce fait, les acquérir à vil prix du fait de la différence artificielle de valeur existant entre des terres louées et des terres libres. A cet égard, il est à noter que communes et communautés de communes se voient rétrocéder par le département, en particulier, des parcelles acquises à charge pour elles de les attribuer. Intention louable si elle répond aux exigences nouvelles de re-diversification et d’installation d’un type nouveau d’agriculteurs mais qui donne lieu à l’apparition d’un véritable lobbying par ceux qui ont de l’entregent auprès des assemblées.arton137-7866b.jpg - La démesure des exploitations par rapport à la presque inexistence de main d’œuvre, a pour effet que l’objectif productiviste, justifiant la politique agricole de ces quarante dernières années, n’est pas atteint ainsi que le constatent les experts puisque l’on évalue à 30 % la perte de production induite par le manque de main d’œuvre. - Le refus par les gros exploitants d’embaucher des salariés se traduit par une utilisation massive d’intrants ( engrais, pesticides ) en lieu et place de l’emploi répété de moyens mécaniques ( passage de la herse ). La pollution qui en résulte vaut à la France d’être régulièrement condamnée à des amendes par les instances européennes, ce qui s’ajoute à la prise en charge par les contribuables des sommes à rembourser à l’Union Européenne au titre des subventions indûment perçues par des agriculteurs pour des déclarations contraires à la réalité.

Que ces enjeux et problématiques puissent ne pas être débattus par la Communauté de Communes ne manque pas de laisser perplexe.

Il est vrai qu’en cette assemblée a déjà été formulée la position des tenants de l’agriculture intensive selon laquelle les dégâts ( minorés ) occasionnés à l’environnement seraient justifiés par la « vocation » traditionnelle des pays occidentaux à « nourrir la planète ». Position qui reflète essentiellement une forme de mépris envers la capacité de développement de l’agriculture des pays émergents, comme s’il était écrit de toute éternité que certaines parties du monde seraient à jamais incapables de mettre en œuvre les moyens de subvenir à leurs propres besoins et constitueraient toujours un marché à l’exportation pour l’agriculture occidentale. En Asie, ce n’est déjà, plus le cas. En Afrique, il faut lutter contre le phénomène de réserves foncières que sont en train de s’y créer la Chine où de riches pays arabes. S’il fallait un argument que puissent entendre les réfractaires à tout changement, ce serait celui-là : la fin programmée de la PAC * rend indispensable la diversification de la production agricole pour pouvoir pénétrer à l’intérieur de niches dans un marché libre. Chez nos voisins, anglais notamment, on s’y prépare. En France, les chambres d’agriculture organisent des réunions afin d’aider les agriculteurs à investir dans l’immobilier de bureau leur bas de laine rempli à partir des subventions européennes.

  • la PAC représente 40% du budget de l’Union Européenne.