- « la république indivisible ( qui a ) systématiquement détruit les solidarités organiques et les cultures différenciées propres aux sociétés traditionnelles » ( revue Eléments. 1er trimestre 2015 ). - « les nouveaux réactionnaires ( comprendre Zemmour, Finkielkraut,.. ) mettent en cause, avec plus ou moins d’audace ( comprendre encore un effort ) les grandes idoles de notre temps : la croyance au progrès, l’idéologie du genre, l’antiracisme de convenance, l’impératif de métissage, la culture de masse ou bien encore l’art contemporain ( comprendre dégénéré ) » ( Eléments. 2012 ).

Déclinisme, rejet des droits de l’homme et du métissage, contestation du parlementarisme…un air de Marine le Pen, certainement pas d’Onfray. Alors, pourquoi la référence, inattendue chez celui-ci, à Alain de Benoist ? Vraisemblablement parce-qu’il partage, sur un point, celui de la violence du capitalisme, le même constat. Alain de Benoist : « Après avoir tout détruit, le capitalisme, tel un scorpion, ne peut plus que se détruire lui-même. Saturation des marchés, explosion de la dette, baisse tendancielle des taux de profit, déclin européen, généralisation de la fausse conscience, activation d’un processus sub-chaotique de dé-civilisation, le monde semble être entré dans une phase implosive, voire terminale ».val2.jpg Convergence sur la question du capitalisme donc et, même si cela n’apparaît pas là, sur la revendication d’un paganisme pour de Benoist et d’un athéisme pour Onfray qui se rejoignent dans la mise à distance du Christianisme, mais divergence quant au reste. L’œuvre d’Onfray, dont l’hédonisme est à l’opposé du consumérisme actuel, n’est pas imprégnée du fatalisme et du pessimisme fondé sur le déclinisme que l’on trouve chez Alain de Benoist. Nulle trace chez Onfray d’une obsession de quête identitaire, nulle promotion d’un racialisme hiérarchisant les cultures et les peuples, nulle angoisse d’un déclin de l’occident signifiant la disparition de l’homme blanc et justifiant des politiques d’apartheid, etc.. On peut, bien sûr, être en désaccord avec Onfray – sa réfutation de la psychanalyse est mal fondée et outrancière – mais en lui opposant des arguments et non des amalgames et saluer sa qualité d’enseignant donnant à ses étudiants, dans le cadre du cours qu’il dispense à l’Université populaire de Caen qu’il a créée, des outils théoriques permettant de critiquer sa propre pensée. valls-demission.jpg Alors, provocation de la part d’Onfray, éprouvant de la nausée devant la complaisance de certains intellectuels de pouvoir ? Oui, mais aussi exaspération face au gâchis causé par les politiques économiques et rappel qu’un intellectuel, à fortiori s’il se prétend de gauche, a le devoir de défendre le faible. Mais, cela justifie-il, même limité, le cautionnement d’un zélateur de thèses racialistes ?

Quant à Manuel Valls qui, en ce qui concerne Alain de Benoist, à raison de penser qu’il n’a pas évolué, son manichéisme lui interdit d’admettre que les individus se construisent aussi contre ce qu’ils ont été. Aurait-on du refouler d’Angleterre, en 1940, parce-qu’ils avaient été Action française, les Maurassiens, tel Daniel Cordier,* qui refusaient l’armistice et sont devenus autre?

• Grece, groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne, créé en 1968. • Daniel Cordier « Alias Caracalla » ed Gallimard 2009.