Assez étonnement mais avec sagesse, ses voisins, clients quand elle tient commerce, l’écoutent sans relever ses médisances, sachant que, comme pour la bêtise, il n’est rien à faire contre la malignité.19012323_1_.jpg

Avant tout, la mauvaise commère est fainéante. Les heures passées à médire et à s’épancher sur ses projets lui tiennent lieu de travail, lui donnant bonne conscience en la confirmant dans l’idée, qu’en commérant et bavassant, elle n’est pas restée à rien faire. Elle est passée maître dans l’art de faire travailler les autres à sa place en s’attribuant leur mérite, usant et abusant de la flagornerie la plus vile auprès de ceux là même contre lesquels elle répand insidieusement des accusations sans fondement et dont elle médira d’autant plus qu’ils lui ont rendu service. A de rares occasions, quand elle ne connaît pas son interlocuteur, elle s’essaie à un langage châtié en se flattant d’entretenir des relations avec des personnages en vue, ce que vient démentir, quand sa garde baisse au cours de la conversation, un propos digne d’un corps de garde. Car, en dépit de ses efforts pour paraître, la mauvaise commère est vulgaire comme peut l’être une offense au beau, au bien, et c’est peut-être la raison pour laquelle ceux qu’elle diffame préfèrent passer outre, parce-que choisir d’ignorer la bassesse de certains êtres doués pour le mal est la seule solution pour ne pas désespérer tout à fait de l’être humain.