Récemment encore, un rapport de la sénatrice Michelle Demessine, intitulé " Vingt ans d'exonération de cotisations sociales, réussite ou échec d'une stratégie ?" remettait en cause ce choix politique. Au sénat ce rapport n'a pas été adopté en commission. On comprend bien pourquoi il ne sera pas public. C'est dommage car sa lecture est très instructive mais ne répond pas forcément aux canons libéraux en vigueur dans les hautes sphères du pouvoir
95507100_o.jpgOn y comprend que sur les dix dernières années, le cumul des seuls allégements généraux de cotisations-Les allégements Fillon entre autre-a représenté plus de 210 milliards d'euros. Ce chiffre considérable est à comparer au montant de la dette sociale cumulée qui a atteint fin 2013, 211 milliard d'euros. Ce sont donc les exonérations de cotisations sociales qui expliquent en grande partie le montant de notre dette sociale.
De plus ces exonérations bénéficient au bout du compte aux secteurs les moins exposés à la concurrence internationale.
En 2008, la cour des comptes avait constaté que <<Les nombreux dispositifs d'allégement des charges sociales étaient insuffisamment évalués en dépit de la charge financière croissante qu'ils représentent pour les finances publiques..
S'agissant des allégements généraux sur les bas salaires, leur efficacité sur l'emploi est trop incertaine pour ne pas être amené à reconsidérer leur efficacité. Ce constat de la cour des comptes de 2008 est toujours pertinent.
000171266.jpgCe rapport sénatorial explique également que ces aides aux emplois peu qualifiés à bas salaire font courir à notre pays le risque de s'installer dans une économie bas de gamme avec une stratégie consistant uniquement à réduire le coût du production, notamment le coût du travail afin de diminuer le prix des produits français. Une telle stratégie apparait à long terme totalement contre productive pour un grand pays développé comme la France qui doit au contraire monter en gamme, grâce à l'investissement, la recherche, à l'innovation et à des formations initiales et professionnelles de qualité.
Puisque nous cherchons des recettes, rappelons que selon l' INSEE, la part des dividendes des entreprises en France est passée entre 1980 et 2010 de 3 à 9 % de la valeur ajoutée des sociétés française, donc du PIB, soit une augmentation du simple au triple. Ces chiffres ne peuvent être ignorés. Refuser une meilleure redistribution des richesses est une injustice sociale profonde.
La réponse au déficit se situe là, tout comme la possibilité de relancer notre économie.