extraits:

Le PS, c’est aussi la droite !

29 juillet 2014 | Par eric melchior

Mardi 1 juillet à l’Assemblée, par 307 contre 232 voix, le collectif budgétaire a été adopté sans surprise. Ceux qui aiment qu’on les appelle « les frondeurs » ont, une fois de plus, démontré qu’ils n’étaient rien d’autre que des conciliateurs, des capitulards, des lâches incapables de tenir bon sur leurs déjà très faibles propositions, de joindre les actes à la parole, préférant céder au chantage à la dissolution du premier ministre, alors qu’il parait évident que François Hollande n’en fera jamais rien, au risque de subir le même devenir qu’un Jacques Chirac en 1997 et de se retrouver avec une chambre encore plus bleu-horizon qu’à la suite de la déroute historique de 1993. Toutes leurs gesticulations leur auront peut-être permis de jouir d’une visibilité médiatique importante, mais elles auront été autant d’illusions inutiles pour les travailleurs qui voyaient en eux une possible minorité de blocage. Leur défaite est donc totale. Sur tous ces députés prétendument « frondeurs » qui parlent beaucoup mais agissent au final bien peu, faisons tomber le rideau...
...Nous devons avoir le courage politique de dire à voix haute la vérité aux travailleurs sur ce qu’est devenu le PS à nos yeux au fil de ces dernières décennies. Non le PS n’a pas changé depuis 2012. François Hollande n’a fait que renouer avec le fil des expériences gouvernementales passées et cela était, comme je l’ai déjà dit, attendu...
...il ne sert à rien d’attendre l’hypothétique contre-réforme qui sera suffisamment scandaleuse pour tout faire basculer. CICE, ANI, pacte de responsabilité, réforme des retraites, les réformes se sont succédé depuis deux ans. Il nous faut partir simplement du passif déjà accompli pour pouvoir aux yeux de tous justifier l’excommunication du PS de la gauche. Trotski n’avait de cesse de répéter que la politique avait besoin de clarté, de délimitation claire pour être compréhensible par les travailleurs...

...Bien sûr les forfaitures socialistes étaient déjà innombrables avant le retour des socialistes aux affaires en 1981 (le socialisme de guerre en 1914, le refus obstiné de s’engager dans un processus de rupture en 1936 au nom de l’opposition de Léon Blum entre exercice du pouvoir et conquête révolutionnaire du pouvoir, le vote des pleins pouvoirs de la majorité des députés socialistes au Maréchal Pétain en juillet 1940, les guerres pro-coloniales à Madagascar, en Indochine, en Algérie, la répression des mineurs en 1947 par Jules Moch, la politique gestionnaire à toutes les échelles du territoire national...), bien sûr aux yeux des marxistes-révolutionnaires les partis sociaux-démocrates européennes avaient fait la preuve de leur faillite complète depuis au moins août 1914 et leur capitulation sans combat devant la guerre inter-impérialiste. ...
...Ce ne sont pas les organisations révolutionnaires qui ont exclu le PS de la gauche, ce sont bien ses dirigeants, et personne d’autre, par leurs choix iniques, qui se sont mis « hors normes » pour reprendre la fameuse expression de Daniel Bensaïd. Pour être encore pour clair, nous pourrons recourir au syllogisme suivant : « Etre de gauche, c’est être anticapitaliste. Le PS est plus que jamais pro-capitaliste. Donc le PS n’est plus à gauche »...