Ami, l'écureuil roux grignote les chataignes
Sous les poings durs du vent, les pommiers lourds se plaignent
Et laissent s'écrouler leur fardeau de fruits mûrs,
La guèpe guette les raisins contre mon mur,
Par les prés et les bois les champignons éclosent,
L'abeille rend visite à la dernière rose,
les nymphéas frileux se ferment sur l'étang,
Une odeur de pain cuit, de mousse se répand,
A travers l'air soyeux que chauffe un soleil tendre,
La plaine est par endroits déjà couleur de cendre,
Et le lièvre se gîte au revers des fossés,
Tandis que la perdrix fuit d'un vol angoissé,
L'approche du chasseur, par les matins de brume,
A l'horizon doré dort un rideau d'écume.


Merci à Françoise pour le partage de cette jolie poésie.