Madame la Ministre,

Je tiens à vous signaler la situation catastrophique de la prise en charge des urgences dans le nord des Ardennes, en lien avec la détérioration de l'activité de l'hôpital de Fumay.

Avec beaucoup d'inquiétudes, nous avions appris la suppression de postes d'infirmières à l'hôpital de Fumay, siège du SMUR en charge de la pointe des Ardennes au 1er janvier 2012 et je m'en étais d'ailleurs fait l'écho auprès du directeur de l'ARS de Champagne Ardenne.

La réalité va au delà des inquiétudes, puisque maintenant, quand une personne se présente en urgence à l'hôpital de Fumay pendant que le SMUR est en intervention, elle trouve une pancarte à l’entrée de l’hôpital : « Smur sorti, pas de médecin, faire le 15 ». Ceci est loin des obligations légales que doit respecter un établissement de soins, qui devrait appliquer une procédure d'accueil et de prise en charge en mode dégradée, et assurer le transfert si besoin du patient, comme cela se passait jusqu'au 31 décembre 2011.

Doit-on attendre le décès d’un patient sur le perron de l’hôpital pour que ces manques soient pris en compte ?

C'est d'autant plus grave que le soir et le week-end, le médecin de garde à la « maison médicale » installée dans les locaux de l’hôpital est inconstamment présent, puisque certains praticiens prennent la garde à leur cabinet, et la nuit, entre 0h et 8h, le relai de la garde des médecins libéraux est pris par le SMUR : A Fumay, on met un panneau lorsque le Smur est sorti, et un bassin de 35000 habitants devient alors un désert médical et paramédical.

Cela a été fait, au nom de l'anticipation du risque de déficit du budget de cet hôpital et s'est accompagné d'une détérioration de l'ensemble des prises en charges : par exemple, le service de radiologie est fermé de 17h à 9 h du matin, obligeant à des déplacements à Charleville Mézières (au moins 45 minutes de route par beau temps) : c'est depuis la fermeture du cabinet privé de radiologie de Givet au printemps dernier le seul équipement de ce type dans le pointe des Ardennes.

Il est urgent que des mesures soient prises, à la fois pour corriger ces restrictions récentes, mais aussi pour permettre le développement ambitieux de cet hôpital de proximité : il pourrait, dans ce territoire en grande difficulté, être le support d'un centre de santé.

Aussi, je vous serai reconnaissante, Madame la Ministre, de faire étudier avec soin ce dossier pour qu'une solution dans l'intérêt des habitants de ce territoire soit trouvée.

Je vous prie de recevoir, Madame la Ministre, l'expression de ma considération.

Michèle Leflon