Activité Smur (Service mobile d’urgence et de réanimation)
Accueil dans ses locaux des patients se présentant pour une urgence.
Jusqu’au 31 décembre 2011, les 12 postes d’infirmier (ères) permettaient la couverture 24h/24, des sorties Smur d’une part et d’autre part, l’accueil des patients se présentant dans le service pour une urgence.
Depuis le 1er janvier 2012, le directeur de l’établissement a supprimé 4 postes d’infirmier (ères) à l’antenne du Smur, et il semblerait que 2 autres postes d’infirmier (ères) pourraient également disparaitre l’an prochain.
logo_a10.jpg Avant le 1er janvier 2012, si un usager se présentait pour une urgence lorsque le Smur était en intervention, une infirmière prenait en charge le patient, assurait les premiers soins, et si la situation l’exigeait, appliquait des protocoles de soins d’urgence, tout en prenant contact avec le médecin régulateur du SAMU 08, ce dernier décidant de la prise en charge. Trois options principales pouvaient alors s’appliquer :
Soit l’urgence était mineure, et le patient était invité à attendre le retour du médecin du Smur,
Soit une prise en charge médicale était rapidement nécessaire, le médecin régulateur envoyait alors une ambulance afin d’acheminer le patient à Manchester, et ce, après soins et « mise en condition de transport » réalisés par l’infirmier (ère),sur prescription du médecin régulateur,
Soit il s’agissait d’une urgence grave, et dans ce cas, le Smur de Charleville-Mézières venait dans les plus brefs délais.
CE SYSTEME A SAUVE DES VIES ! GRACE A LA PRISE EN CHARGE INFIRMIERE, L’ETAT DE SANTE DU PATIENT EST STABILISE EN ATTENDANT LA PRISE EN CHARGE MEDICALE ! Après le 1er janvier, la situation est différente. Quand un usager se présente pour une urgence et que le Smur est sorti, la prise en charge proposée par l’hôpital, c’est la lecture d’un panneau positionné à l’entrée du service :
Smur sorti, pas de médecin, faire le 15 !
blog.jpg Et pourtant, l’orientation nationale relative à la prise en charge des urgences est bien d’améliorer l’accès aux soins : « assurer l’accès aux soins, pour l’ensemble des besoins non programmés et urgents (urgences banales et urgences vitales), par un maillage pertinent du territoire, en prenant en compte les structures de médecine d’urgence, les Smur et les antennes Smur » (SROS Champagne Ardennes) , et concernant les antennes de Smur, le même SROS ,ne précise-t-il pas que les antennes de Smur « permettent à chaque habitant de la région d’être à moins de 30 minutes d’une structure d’urgence fixe ou mobile » et que « outre les missions des Smur, les antennes de Smur ont un rôle d’accueil des consultations non programmées sur le site de l’établissement duquel elles sont implantées »
Nous considérons que ce panneau au regard de la législation, s’assimile à un refus de soins illicite de la part de l’établissement de santé, établissement de santé qui normalement devrait appliquer la procédure d’accueil et de prise en charge en mode dégradée, et assurer le transfert si besoin du patient.
logo_a10.jpg Ce panneau apposé à l’entrée de l’hôpital lorsque le Smur est en intervention, invite l’usager qui nécessite un soin urgent à rebrousser chemin et à appeler le 15. Si une personne atteinte d’une entorse de la cheville peut attendre, que fait la mère de famille, qui portant dans les bras son enfant de 3 ans, fatigué de lutter contre une crise d’asthme rebelle, est en train de mourir ? Que fait cette maman ? Elle reste sur le perron, cherche son portable, si elle en a un, et appelle le 15 ?
Quelle attitude auraient eu les témoins, qui à quelques mois d’intervalles ont amené dans leur véhicule des personnes victimes d’un malaise, malaise ayant évolué dans les 2 cas vers un arrêt cardiaque, et dont la réanimation a été entreprise sur le parking, avec succès.
L’ ASMUP 08 demande que la direction de l’hôpital, remette en place sans délai, un accueil efficient pour les urgences qui se présentent lorsque le Smur est en intervention, avec prise en charge infirmière urgentiste qui, en fonction de l’urgence appliquera « la procédure dégradée de prise en charge », procédure préalablement établie par les médecins du SAMU 08 et validée par la Haute Autorité de Santé.
L’hôpital de Fumay n’assure-t-il pas une mission de service public ?
L’existence d’une urgence fait émerger un droit aux soins au profit du malade.
- Le droit affirme la nécessité d’assurer une solution médicale au patient. En raison de cet objectif, les établissements assurant l’exécution d’un service public comme les professionnels qui ont l’obligation d’assurer la continuité des soins, sont tenus de chercher une alternative pour le malade quand ils ne sont pas à même de la prendre en charge.
Guy Lépine