http://www.lunion.presse.fr/article/ardennes/lechelle-transformer-les-dechets-verts-en-carburant-ecolo-lavenir-est-dans-le-pre

L'ÉCHELLE / Transformer les déchets verts en carburant écolo L'avenir est dans le pré

Article paru dans l' Ardennais début août 2010

Arnaud Pilet espère installer sa structure biogaz rapidement sur son exploitation.

LE dossier n'est pas encore bouclé. Démarches administratives obligent. Mais Arnaud Pilet a bon espoir de le voir se finaliser d'ici la fin de l'année. Car l'idée est innovante et s'inscrit tout à fait dans l'air du temps. Il souhaite en effet développer une borne biogaz sur son exploitation, à l'Échelle. « Il s'agit de récolter les déchets verts, de les traiter à moindre coût et de les restituer sous forme de carburant écologique », explique-t-il. Sur le même principe que le GPL, cette énergie verte viendrait se substituer, à terme, aux carburants traditionnels. Comme le préconise le projet européen de développement durable Biogazmax. En France, Lille fait figure d'exemple puisqu'une grande partie de son parc de bus urbain fonctionne déjà au biogaz. Manque de motivation des élus « Nous ne pouvons plus dépendre uniquement du pétrole. Surtout dans l'agriculture où le système est aberrant puisque des primes sont octroyées pour consommer du pétrole. Il faut savoir s'adapter, car si nous ne changeons pas notre mode de fonctionnement, il n'y aura plus beaucoup d'agriculteurs », précise Arnaud Pilet. L'exploitant échellois ambitionne de nouer un partenariat durable avec les institutions locales. Ce qui n'est pas chose aisée. Lors de la dernière réunion d'information, en présence, entre autres, de GRDF, ERDF, de Philippe Heny, un autre agriculteur intéressé par le développement durable, et de l'Agence locale de l'énergie, seuls parmi les élus, étaient présents ceux de L'Echelle et de Murtin. « C'est dommage », reconnaît Arnaud Pilet, qui aimerait que son projet s'intègre pleinement dans la vie locale. « Nous pourrions traiter les déchets des collectivités, des entreprises et des établissements comme le collège de Rimogne par exemple. Ou encore dans le cadre du futur Y autoroutier, avec la valorisation d'une haie antibruit grâce à la chaudière biomasse, », propose Arnaud Pilet. La direction de l'usine de poudre de lait de Rouvroy lui a déjà fait savoir qu'elle était intéressée par son projet. Dans le cadre de la taxe carbone, elle bénéficierait ainsi de certificats verts et pourrait donc améliorer son bilan carbone. Des embauches en perspective Autre atout de cet ambitieux projet, la création d'emplois, pour épauler l'agriculteur dans la gestion de son exploitation biogaz. « Il faudra notamment quelqu'un à la borne, faire travailler une société d'élagage de la haie », indique Arnaud Pilet. Pour l'heure, il a d'ores et déjà trouvé son constructeur et travaille en étroite collaboration avec la société néerlandaise Biogast, qui fournit du matériel d'épuration de gaz. Arnaud Pilet attend maintenant que le ministère détermine la grille des tarifs, ce qui lui permettrait d'établir un budget prévisionnel. Une prochaine réunion avec les partenaires devrait se tenir en fin d'année, certainement en novembre. Arnaud Pilet espère qu'à cette date, son projet aura bien avancé.

Céline SOUHAMI