Cherchant à échapper, autant que faire se peut, au jugement des Français sur son bilan, le chef de l'état a trouvé son Joker. << La gravité de la crise a été sous-estimée>> Au moment où la Grèce est menacée de faillite ou l'Espagne et le Portugal sont plombés par la cure d'austérité et la montée du chômage. Nicolas Sarkozy tente de saisir l'aubaine sur l'air du <<Vous vous plaignez, mais c'est pire ailleurs>> et sur la menace pour la France d'entrer elle aussi dans les premiers cercles de l'enfer.
La course au pire est engagée dans les états du sud de l'union européenne; casse de la protection sociale, baisse des salaires et des pensions, suppression d'une grande partie des emplois dans le service public. C'est exactement ce qui se passe en Grèce et s'est passé en Espagne et qui indique toute une jeunesse de Madrid à Barcelone.Les résultats anti-sociaux ici et là sont invoqués pour justifier de nouveaux reculs sociaux ailleurs. Agiter un chiffon rouge pour détourner l'attention vers d'autres horizons ne suffit pas en France à faire oublier l'extension de la pauvreté, la hausse du chômage,, l'anémie du pouvoir d'achat, quatre ans après l'élection d'un homme qui s'était précisément auto-proclamé <<candidat du pouvoir d'achat>>. logo_fdg_grand.jpgTout son quinquennat aura été dominé par un dévouement acharné à la cause des plus riches, dont la contribution au budget de la France a été réduite par la grâce du bouclier fiscal, puis par le nouvel allégement de l'impôt sur la fortune. Ces manques à gagner sont récupérés sur les dépenses publiques, les postes de fonctionnaires, notamment d'enseignants.
Ce sont là les lignes de fractures fondamentales entre la droite sans complexe et tous les citoyens attachés à une politique de progrès social et à la souveraineté populaire. Si du côté du Parti Communiste français et du Front de Gauche, l'opposition à cette politique ne souffre d'aucune ambiguïté. D'autres de leur côté peinent à convaincre de leur volonté de rupture. Il y va pourtant de l'enjeu de 2012 : Arrêter le massacre social et fermer définitivement la parenthèse de régression sociale ouverte en 2007.