A L'AISE SOUS LA TERRE.
Equipée de griffes anti-dérapantes, je suis tel un tout-terrain qui déboule à " fond la caisse" ! 1 m par seconde ! Dès qu'un ver de terre vient à passer dans ma galerie, je fonce les yeux fermés et crac ! je l'attrape. Mais avant de le dévorer, j'ai recours à une petite manie : Je presse le ver de terre entre mes doigts pour faire sortir l'humus de son intestin . Il est plein de sable qui lime mes dents jusqu'aux gencives . Au fil des années, je finis par ne plus savoir mastiquer. C'est pour cela que je ne vis guère plus de 4 ans en ce bas-monde !

UNE SACREE PUISSANCE.
Revenons à nos galeries ! Avec mes grosses pattes puissantes, celles de devant semblables à deux pelles, je creuse la terre et la repousse derrière. D'abord la pelle droite, puis celle de gauche. J'alterne pour ne pas trop user le matériel de mineur. Dès que le tas de terre est suffisant, je me retourne car je suis très souple et je le repousse vers la sortie sur , 10, 20 voir 50 cm au dessus de ma tête. J'expulse à l'aide de ma large patte jusqu'à dix fois mon poids en terre vers la sortie. C'est alors que je forme de jolies taupinières dont je suis assez satisfaite.
taupiniere2.jpg
MANQUE PAS D'AIR
Comment, je suis seule à penser cela ! C'est vrai, j'ai eu écho de ma mauvaise réputation auprès des jardiniers. Quand je pense à l'arsenal utilisé pour se débarrasser de moi ! Voient -ils que je laboure et pour rien leur terrain, l'affinant et l'aérant ? La terre de mes taupinières, fine et souple est idéale pour réaliser des jardinières. En revanche, je m'interroge : Pourquoi enterrent- ils de la vaisselle cassée ? Je ne suis pas hémophile ! Nom d'une taupe !

DES CONSERVES DE VERS DE TERRE .
Je préfère vivre au fond de mon trou bien seule, que de supporter ces sauvageries. D'ailleurs, avec mes deux gros air-bags- je parle de mes poumons deux fois plus gros que la normale- et de mon important volume de sang - riche en hémoglobine- je supporte bien le manque d'oxygène. Mais je déteste avoir le ventre vide. L'été avec la sécheresse et l'hiver avec le gel, les vers de terre se carapatent mais j'ai trouvé la solution. Je mitonne des conserves de vers de terre. D'abord je leur sectionne une partie de la tête ( privés de leur centre nerveux, ils sont paralysés) et je les dépose vivants dans mon garde manger. Bon appétit !
TERRIENS, NE PENSEZ SURTOUT PAS QUE JE ME MOQUE DE VOUS ...