Entre un quart et un tiers de la population française souffrirait de troubles psychiques. Le projet de loi proposé par la droite, fait un amalgame entre délinquance et maladie mentale. Le fou serait un être dangereux dont la société devrait se protéger alors que seuls 2,7% des actes de violences sont commis par des personnes atteintes de troubles psychiques . Elles sont par contre 15 fois plus menacées d'actes délictuels à leur encontre que tout à chacun . Le projet de loi de la droite n'envisage la folie que sous l'angle du trouble à l'ordre public ! Les médecins demandaient que ce soit en cas de mise en péril de la vie d'autrui. Les hospitalisations sous contraintes représentent moins de 20% des cas, 70 000 personnes soit 2 fois plus qu'en Italie ou au Royaume-Uni . Dans le projet de loi, un médecin seul pourra faire interner une personne. Le juge des libertés et de la détention devra statuer sous quinzaine de la décision prise. Seulement en réalité, débordé par la charge de travail, ceci est quasiment impossible . magritte.jpgLe législateur prône alors l'utilisation de la vidéo-conférence pour déterminer de l'utilité de la décision !!! mais la justice dispose encore moins de matériel informatique que de temps !!! Donc le médecin reste seul à décider de l'internement ou non d'un patient. Un autre aspect de la loi est l'obligation de soins ambulatoires sans consentement après une hospitalisation de 72 heures . (espèce de garde à vue psychiatrique). La prise systématique de médicaments doit résulter d'une relation de confiance entre le patient et son médecin et non pas de la menace d'une sanction pénale comme c'est le cas pour les délinquants psychopathes. Qui dit confiance dit dialogue. La loi ne différencie plus le malade mental commun du criminel . Les juges et médecins ne viennent plus en aide aux personnes fragiles en détresse mais se font contrôleurs d'individus considérés dans son ensemble comme dangereux.magritte2.jpg L'obligation de guérir n'est pas une thérapie mais une folie sécuritaire à la mode . La loi voudrait que Les fous deviennent "normaux" à coups de médicaments et à force de décrets ! L'hôpital devient une entreprise régie par le devoir de résultat rentré dans l'ère de la gestion . En 20 ans, 40 000 places ont été supprimées en psychiatrie .
La manière dont une société traite ses fous en dit long sur l'humanité dont elle fait preuve. La répression et la promulgation des lois interdisant aux gens de sombrer dans la folie est de la pure Démence. Les fous ne sont pas là où on croit les trouver. C'est quand le débat sortira de la démagogie sécuritaire que les moyens alloués à la psychiatrie pourront enfin soulager les malades et leurs proches de la souffrance. N'oublions jamais que tout à chacun peut un jour ou l'autre sombrer dans la folie qui révèle une fragilité extrême de l'Être !