En effet le ralentissement de la croissance de la demande d'acier depuis le milieu des années 60 (+3,4% par an jusqu'en 1974 et entre 7 et 18% entre 60 et 65) est l'un des reflets de la crise d'accumulation du système en place . Le système capitaliste impose de maintenir un taux de croissance relativement constant pour poursuivre son accumulation de capital . Or, depuis les années 1970, cette croissance se heurte à deux phénomènes qui pésent sur les profits et donc sur les bases de l'accumulation :
D'une part, la saturation d'un certain nombre de marchés ddépendants de la consommation pour lesquels la production se résume essentiellement au renouvellement.
D'autre part, des gains de productivité liés à l'augmentation de l'intensité de rapport de la production .
C'est donc après Denain, Pompey, Longwy (les premières victimes françaises du système capitalosidérurgique) que le tour est venu pour la dernière forge de la vallée de la Meuse à mettre la clé sous le paillasson . Dure réalité que cette fermeture pour un département au 1/7émé de la population active se trouve affecté par le chômage . Dans l'attente de l'arrêt total de la production, c'est à dire au plus tard le premier trimestre 1984, une certaine psychose est née autoursdu complexe sidérurgique de la Chiers ; L'on craint l'avenir . En effet, outre les familles du personnel , la SASC ( Société des aciers spéciaux de la Chiers) fait vivre 2 vioir 3 fois plus de personnes : artisans, commerçants, transporteurs, sous-traitants, etc... Que faire de toutes ces personnes qui avaient orienté leur travail dans l'optique de la Chiers et qui se voient supprimer ce qu'ils appellent eux-même , leurs acquis, à une époque où les perspectives d'avenir sont plus que sombres . Les Sidérurgistes ont peur et celle-ci se traduit par un climat de crispation et de tension : souvenons nous de l'incendie du chateau des maîtres de forge symbolisant la désespérance des salariés envers le possesseur des moyens financiers et de la production . Comment désamorcer cette bombe viroquoise si ce n'est par l'intervention de l'état chargé de trouver un terrain d'entente entre l'intersyndicale ( qui représente le porte-parole des ouvriers) et la direction de l'entreprise . La réponse des parties à cette situation d'instabilité qui ne pouvait durer fut exceptionnelle en ce sens qu'elle débouche sur l'élaboration d'un plan social "musclé", tant en son contenu qu'en sa forme . Ce plan social a pour but premier de protéger la couverture sociale de chaque sidérurgiste. Néanmoins, ce plan n'intéresse que les sidérurgistes et c'est pourquoi le scepticisme reste présent dans les vitrines de tous ces commerçants, artisans, collectivités locales, pour lesquels les solutions quant à leur devenir restent à définir . La ville de Vireux et ses proches communes pour lesquelles la Chiers constituait le moteur (économico-social) sont -elles vouées à mourir ? Ou au contraire, comme osent le prétendre certains politiciens avertis (qui ne sont pas avares de démagogie ) Vireux Vivra!.
Fatalisme ou réalité pour ces gens qui ne vivent que par le fer et pour le fer qui apporte la richesse de la nation....(à suivre)